* Cet article a été publié avant qu’Omicron ne soit déclarée variante préoccupante et ne se répande dans le monde entier.
Il ne reflète plus les recommandations du CoVaRR-Net en rapport avec les doses de rappel dans la réalité d’Omicron

Mark Brockman

Dr. Mark Brockman

Membre du réseau CoVaRR-Net (Pilier Immunologie et protection vaccinale)
Professeur à l’Université Simon Fraser
Titulaire de la chaire de recherche du Canada en pathogenèse virale et immunologie

La diminution des anticorps ne signifie pas nécessairement une protection moindre pour les personnes en bonne santé

  • Selon Mark Brockman, Ph. D., membre du réseau CoVaRR-Net (Coronavirus Variant Rapid Response Network), le nombre d’anticorps luttant contre le SRAS-CoV-2 présents dans notre système finit par diminuer, mais il n’est pas certain que cette diminution signifie que les personnes en bonne santé ne sont plus protégées contre la COVID-19.
  • Le système immunitaire prend vie lorsqu’il réagit à un virus : c’est à ce moment-là qu’il commence à fabriquer de nouveaux anticorps. « Le système immunitaire est toujours là et prêt à fonctionner. Ainsi, si vous rencontrez le virus plus tard, le système immunitaire risque de s’activer très rapidement et de produire tous ces anticorps. Il s’agit d’une partie normale de la réponse immunitaire : lorsque les agents pathogènes ne sont plus là, vous n’avez plus besoin des anticorps. Ils diminuent donc avec le temps », explique le Pr
  • Il est donc difficile d’affirmer avec certitude qu’une troisième dose de vaccin contre la COVID est nécessaire pour les personnes en bonne santé entièrement vaccinées. Lorsque nous mesurons par une analyse de sang le nombre d’anticorps dans notre système, il ne s’agit que du reflet du système immunitaire en position de repos, sans virus en vue.
  • Selon le PrBrockman, les personnes dont le système immunitaire est sain et qui ont reçu deux doses du vaccin ne trouveront pas dans une troisième dose une protection beaucoup plus importante contre les symptômes graves de la COVID. « Les deux doses de vaccins font ce qu’elles sont censées faire. Je dirais que les personnes qui ont reçu deux doses et qui sont autrement en bonne santé n’ont probablement pas besoin d’une troisième dose. »

Pour les personnes âgées ou immunodéprimées, une troisième dose est recommandée.

  • Les recherches de l’équipe du PrBrockman et d’autres équipes au Canada et dans le monde ont montré que les personnes âgées et immunodéprimées ne produisent pas autant d’anticorps après deux doses que le reste de la population. De plus, le nombre d’anticorps diminue beaucoup plus rapidement, ce qui fait que de nombreuses personnes âgées et immunodéprimées n’ont que peu d’anticorps. C’est pourquoi une troisième dose est recommandée pour ces populations. « Il s’agit de les amener à un niveau d’anticorps qui serait normal chez une personne en bonne santé recevant deux doses. »
  • En effet, selon le PrBrockman, c’est aussi la raison pour laquelle on observe davantage d’infections postvaccinales chez les personnes immunodéprimées et les personnes âgées par rapport aux individus plus jeunes et en bonne santé.

Les chercheurs doivent continuer à surveiller de près les changements

  • Les vaccins sont conçus pour protéger les gens contre les maladies graves et les hospitalisations. « Jusqu’à présent, les vaccins font un travail fantastique à cet égard, même dans certaines de ces populations plus à risque. Nous devons garder l’œil ouvert pour voir s’il n’y a pas davantage d’infections postvaccinales qui entraînent des conséquences plus graves, plus de personnes se retrouvant à l’hôpital ou aux soins intensifs », explique le P Si tel est le cas, il pourrait être nécessaire de recommander l’administration d’une troisième dose pour les groupes de population plus jeunes et en meilleure santé.

Jusqu’à présent, les vaccins font un travail fantastique à cet égard, même dans certaines de ces populations plus à risque. Nous devons garder l’œil ouvert pour voir s’il n’y a pas davantage d’infections postvaccinales qui entraînent des conséquences plus graves, plus de personnes se retrouvant à l’hôpital ou aux soins intensifs

Mark Brockman, Membre du réseau CoVaRR-Net

Une troisième dose universelle au Canada pourrait conduire à des vaccinations inadéquates dans les pays en développement

  • « Si nous donnons à chaque Canadien une troisième dose dès maintenant, nous contribuons dans une certaine mesure à ce qu’il y ait moins de vaccins disponibles pour la population mondiale », déclare le P « Le Canada veut être sûr de ne pas expédier tous ses vaccins à l’étranger, puis d’être confronté à une nouvelle vague de variants. Le revers de la médaille est toutefois que tant que le virus continue à toucher des personnes dans le monde entier, il a des chances de s’adapter et de muter, créant ainsi de nouveaux variants. La meilleure façon de se protéger contre cette situation est de s’assurer que les populations mondiales sont vaccinées, de faire baisser le nombre d’infections autant que possible et d’empêcher le virus de se répliquer. »

Veuillez cliquer ici pour télécharger un document indiquant les recommandations relatives aux doses de rappel pour les provinces et les territoires du Canada à compter du 11 novembre 2021.

Pour organiser une entrevue avec le Pr Mark Brockman, veuillez contacter :
Philip Fine
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